Châtaigne d’eau

(Trapa natans)

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Introduction et dissémination

Châtaigne d'eau

Trapa natans © John M. Randall, The Nature Conservancy, Bugwood.org

C’est vers la fin des années 1870 que la châtaigne d’eau, une plante flottante d’origine eurasienne, fût introduite en Amérique du Nord à des fins horticoles. Tranquillement, mais sûrement, la propagation s’est ensuite opérée à travers le territoire américain. La première mention de la châtaigne d’eau au Québec remonte à 1998 dans la rivière du Sud non loin de la frontière américaine. D’autres rivières de la même région furent elles aussi affectées par la suite à divers degrés de sévérité. À titre d’exemple, en 2002 c’est 6,79 millions de rosettes qui furent récoltées au Québec seulement! Les efforts d’éradications entrepris tôt après la découverte de la plante ont permis de limiter les foyers d’infestation et de réduire la densité des populations établies. Ces pratiques doivent se poursuivre pour empêcher que les populations ne reviennent à des niveaux de densité inquiétants et ne menacent de se propager ailleurs. On a d’ailleurs signalé sa présence en 2012 dans l’ouest du Québec, au parc National de Plaisance, preuve que la lutte n’est jamais réellement gagnée. À titre d’exemple, le Vermont, qui avait coupé le financement au programme d’éradication de la châtaigne d’eau dans les années 1980 après sa quasi-disparition, a vu cette plante réapparaître de façon virulente. Les efforts d’élimination s’en trouvent encore plus coûteux.

 

Châtaigne d'eau

Trapa natans © Illustration fournie et utilisée avec la permission du IFAS Center for Aquatic Plants, University of Florida.

Description

La châtaigne d’eau est une plante aquatique annuelle dont les feuilles flottantes en rosette, triangulaires, dentelées et munies de flotteurs à leur base sont très caractéristiques et aideront à l’identifier. La taille des rosettes peut atteindre, dans les meilleures conditions, un diamètre de 30 cm. Les feuilles submergées, disposées en verticilles sur la tige, sont finement découpées et ressemblent littéralement à des plumes. La tige enracinée au fond de l’eau pourra mesurer jusqu’à un maximum de 5 mètres quoique des longueurs inférieures soient plus fréquemment rencontrées. La fleur est petite et possède 4 pétales blancs. La châtaigne produit de grosses semences, dures et ornées d’épines (2 à 4) pour assurer sa survie en période hivernale. Ces semences, qui n’ont en fait rien à voir avec la véritable « châtaigne d’eau » utilisée en cuisine, mesurent environ 4 cm de largeur et peuvent conserver leur capacité de germination jusqu’à 12 ans. Comme si ce n’était pas suffisant, chaque semence pourra produire jusqu’à 15 rosettes et chaque rosette, une vingtaine de semences. Ses caractéristiques (anatomiques et physiologiques) lui confèrent le potentiel d’envahir nos plans d’eau calmes et peu profonds en y supplantant les plantes indigènes. Elle n’a d’ailleurs pas ou peu d’ennemis naturels répertoriés en Amérique du Nord, ce qui contribue à une croissance quasi exponentielle.

 

Impacts

Les effets négatifs de la présence d’une grande population de châtaigne d’eau sont nombreux. Son épais tapis de rosettes réduit la lumière disponible dans la colonne d’eau et engendre toute une cascade d’effets négatifs pour l’équilibre des milieux infestés. De plus, les activités récréatives telles que la baignade, la pêche et la navigation deviennent pratiquement impossibles dans certains cas. À noter que sa semence épineuse peut causer des blessures aux marcheurs s’aventurant pieds nus sur les sites infestés.

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