Hydrille verticillée

(Hydrilla verticillata)

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Introduction et dissémination

Hydrille verticillé

Hydrilla verticillata © David J. Moorhead, University of Georgia, Bugwood.org

L’origine de l’hydrille verticillée est incertaine. On rapporte que cette plante se retrouve dans tout l’hémisphère oriental de la planète Terre sans toutefois savoir précisément où elle y est indigène. C’est dire à quel point elle est partout! En effet, elle est présente sur tous les continents sauf en Antarctique. Les premières mentions d’infestation de l’hydrille verticillée en Amérique du Nord ont eu lieu sur la côte ouest de la Floride en 1960. Son introduction y aurait été causée par le commerce lié à l’aquariophilie. Depuis, elle a colonisé plusieurs cours d’eau aux États-Unis, remontant au nord jusque dans l’état de New York. Rien ne semble indiquer que sa montée plus au nord soit ralentie par des facteurs climatiques. Donc, bien que cette plante aquatique agressive n’ait pas encore été répertoriée au Canada, elle représente un risque d’envahissement relativement élevé pour nos régions si aucun moyen pour en mitiger les risques n’est mis en place. Soulignons que pour le moment, la meilleure façon d’éviter sa propagation est de ne pas la cultiver sous aucun prétexte et de bien nettoyer les embarcations nautiques lors de leur déplacement entre différents plans d’eau.

 

Hydrille verticillé

Hydrilla verticillata © Robert Vidéki, Doronicum Kft., Bugwood.org

Description

L’hydrille verticillée est une plante vivace submergée dotée d’une forte croissance et d’une capacité d’élongation impressionnante: ses tiges principales peuvent parfois atteindre la longueur respectable de 9 mètres et croître de 2,5 cm par jour! Ces longues tiges lâches commenceront généralement à se ramifier lorsqu’elles auront atteint la surface de l’eau, formant ainsi un épais tapis de tiges qui s’entrelacent. Les petites feuilles vertes mesurent un maximum de 2 cm de longueur et sont regroupées en verticilles de 3 à 10 (plus fréquemment au nombre de 5). De plus, elles sont ornées de petites dents à pointe recourbée sur leur pourtour de même que sur le côté inférieur de la nervure centrale. Ces petites dents donnent à la plante une sensation piquante lorsqu’on la manipule. Un tubercule (organe de réserve) enfouis dans le substrat au fond de l’eau à un maximum de 30 cm permet à l’hydrille verticillée de passer l’hiver sans problème. C’est en effet à partir de ce petit organe que les nouvelles pousses émergeront au printemps. Des turions (petits bourgeons compacts) pourront parfois être remarqués à la base des feuilles. Ces derniers se détacheront à maturité pour prendre racine au fond de l’eau. Les très petites fleurs émergent de l’eau et, bien que minuscules, elles pourront parfois attirer l’œil d’un observateur aguerri.

Hydrille verticillée

Hydrilla verticillata © Illustration fournie et utilisée avec la permission du IFAS Center for Aquatic Plants, University of Florida.

Une grande variété d’habitats d’eau douce peut potentiellement être colonisée par l’hydrille verticillée. Elle pourra, par exemple, coloniser des eaux ayant une profondeur maximale de 4,5 mètres, voire plus si les eaux sont très claires.

Elle peut tolérer un large spectre de conditions: un pH acide ou alcalin, une salinité de 7 % et même une faible luminosité. Là où l’envahissement est déjà problématique, on pourra la croiser dans les lacs, rivières, bassin artificiel, fossés, canaux ou tout autre habitat propice.

En somme, on la décrit souvent comme une grande opportuniste!

 

Impact

Les effets négatifs de sa présence sont nombreux. Les communautés végétales et animales indigènes sont affectées par l’hydrille, notamment par une réduction importante de l’incidence lumineuse disponible et une perte de la qualité de l’eau. Les activités récréatives et commerciales peuvent être dépréciées, fragilisant l’économie de certaines régions. Les coûts de son éradication se chiffrent à plusieurs millions de dollars annuellement aux États-Unis.

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