Hydrocharide grenouillette

(Hydrocharis morsus-ranae)

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Introduction et dissémination

Hydrocharide grenouillette

Hydrocharis morsus-ranae © Leslie J. Mehrhoff, University of Connecticut, Bugwood.org

L’hydrocharide grenouillette est l’une des rares plantes exotiques envahissantes dont la distribution géographique est surtout circonscrite au Québec, en Ontario et dans quelques états du nord-est américain dont le Michigan. C’est en 1932, à la Ferme expérimentale centrale d’Ottawa en Ontario, qu’on la cultiva pour la première fois au Canada dans le but de tester son potentiel à titre de plante ornementale. Malgré son origine eurasienne, cette jolie petite plante flottante s’échappa rapidement des lieux expérimentaux et trouva refuge dans le canal rideau dès 1939. Il n’en fallut pas plus pour qu’elle gagne le fleuve St-Laurent quelques décennies plus tard. Des mentions de sa présence, allant jusqu’à la ville de Québec, ont été confirmées par la suite.

 

Hydrocharide grenouillette

Hydrocharis morsus-ranae © Illustration fournie et utilisée avec la permission du IFAS Center for Aquatic Plants, University of Florida.

Description

L’hydrocharide grenouillette est une plante que l’on verra généralement sous sa forme flottante, mais qui pourra à l’occasion prendre racine dans les eaux peu profondes. Ses feuilles rondes en forme de petit cœur (max. de 6 cm de largeur) sont disposées en rosette et ont un peu l’apparence de cuir. L’endos des feuilles est rouge violet et comprends une couche spongieuse (localisée sur les nervures médianes) permettant à la plante de flotter. Les fleurs sont émergentes et blanches avec un centre jaune clair. Les eaux à débit lent et riches en calcium constituent sont habitat préférentiel. Les cours d’eau abrités, les étangs, les rivières tranquilles et les fossés sont plus à risque d’envahissement. Comme plusieurs autres plantes aquatiques envahissantes, l’hydrocharide grenouillette se propage essentiellement par multiplication végétative. Premièrement, cette plante peut produire une colonie clonale dense à l’aide des stolons qui se forment à partir du plant mère. Cette stratégie de multiplication n’est pas sans rappeler celle qu’utilisent le fraisier ou la plante-araignée. Par ailleurs, pour passer l’hiver, de petits bourgeons hivernants, appelés turions, se forment le long des stolons en automne. Un seul plant pourra en produire jusqu’à 150! Ces turions couleront au fond de l’eau juste avant l’arrivée de l’hiver et remonteront à la surface de l’eau au printemps avec le retour des températures plus clémentes. Les nouveaux plants se développeront, continuant ainsi le cycle particulier de cette plante aquatique.

 

Impacts

Hydrocharide grenouillette

Hydrocharis morsus-ranae © Richard Carignan, U. Montréal

En plus de tous les impacts négatifs que causent normalement les plantes aquatiques envahissantes (diminution de la lumière, compétition pour les ressources avec les espèces indigènes), l’hydrocharide grenouillette pourra à l’occasion modifier la concentration d’oxygène dissous dans l’eau. En effet, comme c’est souvent le cas chez plantes aquatiques flottantes, lors de sa décomposition, la déplétion de l’oxygène dans l’eau pourra perturber la faune aquatique.

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