Myriophylle à épis et myriophylle aquatique

(Myriophyllum spicatum)
(Myriophyllum aquaticum)

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Introduction et dissémination

Myriophylle en épi

Myriophyllum spicatum © Alison Fox, University of Florida, Bugwood.org

Voici deux plantes appartenant au même genre et partageant plusieurs similarités botaniques et écologiques. Le m. à épis (Myriophyllum spicatum) est une espèce eurasienne tandis que le m. aquatique (M. aquaticum) est d’origine sud-américaine. Les pays ayant à faire face à l’une ou l’autre de ces espèces, voire les deux en même temps, sont plutôt nombreux. Seulement aux États-Unis, plusieurs états doivent aujourd’hui mettre en place des moyens efficaces pour lutter contre la présence simultanée des deux espèces sur leur territoire.

Myriophylle aquatique

Myriophyllum aquaticum © Nancy Loewenstein, Auburn University, Bugwood.org

Dans l’ensemble, il ressort que la distribution actuelle du m. à épis soit un peu plus nordique que celle du m. aquatique, mais cela ne signifie pas nécessairement que cette dernière n’ait pas aussi la capacité d’envahir ces régions. Citons, par exemple, que des colonies isolées de m. aquatique ont dû être éradiquées en 2006 à Midhurst en Ontario, un foyer d’infestation somme toute assez nordique. La Colombie-Britannique est pour l’instant la seule province canadienne ayant à déployer des efforts pour lutter contre des populations bien établies. Le m. à épis est quant à lui bien établi au Québec. Plusieurs indices portent à croire qu’il aurait été introduit par l’eau des ballasts des navires sur la côte est des États-Unis. Sa progression continue et il pourrait gagner de nouveaux territoires plus au Nord du Québec.

 

 

Myriophylle à épis

Myriophyllum spicatum © Illustration fournie et utilisée avec la permission du IFAS Center for Aquatic Plants, University of Florida.

Description

D’abord, il faut savoir que toutes deux sont vivaces et vont s’établir plus fréquemment dans les eaux peu profondes.

Plus particulièrement, le m. à épis, un peu plus tolérant, pourra croître jusqu’à une profondeur maximale de 10 mètres comparativement à une profondeur d’environ 1,3 mètres pour le m. aquatique.

On qualifiera donc le m. à épis de plante submergée tandis que le m. aquatique peut à la fois être submergé et émergeant.

La variété d’habitats pouvant être envahis par ces deux espèces est vaste : lacs, rivières, étangs, fossés, canaux d’irrigation et de navigation. Le m. aquatique pourra même se développer dans des milieux vaseux stagnants peu profonds. Les eaux polluées et à faible courant seraient davantage exposées à l’envahissement.

 

Myriophylle aquatique

Myriophyllum aquaticum © Illustration fournie et utilisée avec la permission du IFAS Center for Aquatic Plants, University of Florida.

Les deux espèces se distinguent par leurs feuilles et leurs fleurs, entre autres. Les feuilles vertes semblables à des plumeaux du m. à épis entourent sa tige en verticilles de quatre ou cinq. Chaque feuille comporte une douzaine de segments sur chacun de ses côtés. Chez le myriophylle aquatique, les feuilles ont aussi un aspect plumeux, mais divisées d’une vingtaine à une trentaine de segments et les verticilles sont présents au nombre de quatre à six. La couleur des feuilles est plutôt d’un vert-grisâtre. L’enracinement se fait au fond de l’eau chez le m. à épis et la tige peut mesurer jusqu’à 7 mètres. Le m. aquatique est quant à lui enraciné sur les berges boueuses, ou au fond des eaux peu profondes. Ses tiges munies de plusieurs racines adventives blanches pourront se dresser jusqu’à 30 cm au-dessus de l’eau, rappelant ainsi une véritable forêt de petits sapins. Finalement, les fleurs des deux espèces sont très différentes. Elles sont émergentes, minuscules, rougeâtres et poussent sur des épis de 5 à 20 cm de longueur chez le m. à épis. Elles sont blanches, minuscules et situées à l’aisselle des feuilles des rameaux émergés chez le m. aquatique. Malgré cette différence majeure, il faudra toutefois faire preuve de prudence et consulter d’autres ouvrages en cas de doute puisqu’au moins 5 autres espèces de myriophylles indigènes peuvent être rencontrées au Québec. Il ne faut pas confondre ces envahisseurs avec les belles de chez nous!

 

Impacts

La multiplication végétative semble être le principal moyen de propagation utilisé par ces deux espèces. Ce mode de reproduction très efficace, où un petit fragment pourra produire un nouveau plant, expliquerait en grande partie leur propagation rapide et agressive à l’intérieur des plans d’eau. Seul des plants femelles de m. aquatique seraient présents dans les grands foyers d’infestation répertoriés aux États-Unis, ce qui expliquerait l’incapacité de compléter la reproduction sexuée chez cette espèce. Les tapis denses monospécifiques résultant d’infestation sévère pourront créer divers impacts écologiques et économiques négatifs sur les cours d’eau.

 

Voici quelques-uns de ces impacts :

  • Accélération de la sédimentation des matières organiques et donc de l’eutrophisation des eaux.
  • Modification et concurrence avec les communautés de plantes indigènes submergées.
  • Effets néfastes sur les populations de poissons (ex: touladi) en altérant les lieux de frai.
  • Entrave sérieuse aux usages récréatifs tels la baignade et la navigation de plaisance.
  • Augmentation de l’abondance des moustiques en favorisant des conditions propices à leur reproduction.
  • La décomposition des tapis de masse végétale peut diminuer les taux d’oxygène dissous dans l’eau, ce qui peut potentiellement tuer les poissons.

 

À titre de plante de remplacement comme plante d’aquarium, l’élodée du Canada (Elodea canadensis) ou la cornifle nageante (Ceratophyllum demersum)pourraient être envisagées.

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