Carpe de roseau

(Ctenopharyngodon idella)

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Distribution

La carpe de roseau est une espèce herbivore qui a souvent été introduite pour sa capacité à contrôler la végétation aquatique1. Introduite dans plusieurs dizaines de pays2, elle fut capturée en nature pour la première fois au Canada dans le Lac Érié en 1985 et est maintenant présente dans l’environnement naturel de trois provinces : Alberta, Saskatchewan et Ontario1. Ces observations en nature seraient reliées à l’évasion de quelques spécimens de centres d’aquaculture (Alberta) ou au relâchement intentionnel à des fins de contrôle de végétation de cours d’eau problématiques (Saskatchewan). Cette espèce proviendrait également des marchés de poissons vivants ontariens1. Récemment, une étude rapportait qu’une population du Lac Érié s’était reproduite avec succès3 : le problème commence!

 

Description

Carpe de roseau

Ctenopharyngodon idella © USDA APHIS PPQ Archive, USDA APHIS PPQ, Bugwood.org

C’est un gros poisson pouvant atteindre jusqu’à 1.5 m de longueur et entre 30 à 50 kg1,4 dont les nageoires dorsale et anale sont dépourvues d’épines2. Sa tête est large et sans écailles, et, au contraire de la carpe allemande, la carpe de roseau ne présente pas de barbillons près de la bouche1. Cette carpe est de couleur gris foncé sur le dos et ses côtés sont plus clairs, allant du blanc au jaune et avec des reflets dorés1. La marge de ses écailles est foncée, ce qui la différencie du carassin1. Les carpes de roseau et noire sont les seules carpes asiatiques à ne pas présenter de quille sur leur surface ventrale4.

 

Carpe de roseau

Ctenopharyngodon idella © 2013 Joseph R. Tomelleri – Cimarron Trading Company | joe@americanfishes.com

Habitat et biologie

La carpe de roseau, comme son nom l’indique, a une forte préférence pour les habitats fortement peuplés de plantes aquatiques (macrophytes). Occupant principalement les eaux de 1-3 m de profond, elle se tient souvent à moins de 10 mètres de la berge1. Les larves de cette espèce débutent leur développement en se nourrissant de petit zooplancton1. Plus elles grossissent et plus elles iront vers des grosses proies, avant de changer du tout au tout en optant pour un régime davantage herbivore1. Elles pourront même manger plusieurs fois leur propre poids chaque jour lors de la croissance2! À l’âge adulte, sa diète serait issue presqu’exclusivement de macrophytes (95 %)1.  Très vorace, un adulte peut manger chaque jour l’équivalent de son poids en matière végétale2! Ce poisson aurait besoin de différents types d’habitats pour compléter son cycle de vie1.

 

Pourquoi s’en soucier

Pourvu d’une grande capacité d’adaptation, ce poisson peut s’introduire avec succès dans des sites qui sont moins favorables à sa biologie1,2. Très sélectif quant aux plantes qu’elle mange1, la carpe de roseau a la capacité de changer la composition des herbiers aquatiques. De plus, son faible taux de conversion de nourriture en énergie produit beaucoup de rejets qui alimentent ainsi d’autres organismes aquatiques telles des algues2. Bien qu’il soit connu que son impact dépendra de sa densité et de la structure générale de l’écosystème envahi (macrophytes, prédateurs potentiels, etc.), il ne semble pas y avoir consensus sur l’ampleur de ses dégâts2. Cette carpe pourrait cependant modifier la composition des communautés (en favorisant le zooplancton et le benthos), la structure physique (perte de refuges pour certaines espèces, dont les poissons et la sauvagine, perte de sites de nidification, etc.) et nuire à la biologie (changement de diète, frai, nidification) de certaines espèces du milieu occupé1,2.

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