Gardon rouge ou rotengle

(Scardinius erythrophthalmus)

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Origine et distribution

La distribution naturelle du gardon rouge est vaste et s’étend de l’Europe de l’ouest jusqu’aux bassins hydrographiques des mers Caspienne et d’Aral1. Souvent introduit comme poisson-appât, le gardon rouge est aujourd’hui retrouvé dans plusieurs pays, dont l’Irlande, la Nouvelle-Zélande, les États-Unis et le Canada1,4. Au Canada, il fut capturé pour la première fois en 1990, en eaux ontariennes, et est maintenant retrouvé dans le lac Saint-Pierre depuis 19974,5.

 

Description

Gardon rouge ou rotengle

Scardinius erythrophthalmus © Noel M. Burkhead, U.S. Geological Survey, U.S. Fish & Wildlife Service.

Pouvant mesurer jusqu’à environ 50 cm1, le gardon rouge ressemble grandement à notre méné jaune indigène (Notemigonus crysoleucas). Il s’en distingue toutefois par sa taille supérieure6 et par ses yeux et ses nageoires colorés rouge vif, ainsi que ses nageoires dorsale et caudale davantage brunâtres1. Sa queue est fourchue et sa coloration est plus foncée sur le dos (vert-brun) que sur les côtés (jaune doré) et sur le ventre (blanchâtre)1.

 

Habitat et biologie

Le gardon rouge préfère les eaux avec peu ou pas de courant2. C’est un poisson omnivore qui, au cours de sa vie, changera considérablement sa diète. En effet, il débute sa vie en mangeant des petites algues unicellulaires, par la suite, de petits invertébrés (zooplancton et larves d’insectes benthiques), pour finalement augmenter petit à petit la portion végétale de sa diète3. Comme la carpe de roseau (Ctenopharyngodon idella), le gardon rouge n’assimile pas bien les végétaux qu’il mange, et donc les rejets abondants peuvent être utilisés par le phytoplancton3. Enfin, ce poisson a la capacité d’affecter les communautés de macrophytes en changeant la composition et l’abondance de celles-ci3.

 

Pourquoi s’en soucier

Peu d’études ont cherché à comprendre les impacts de la présence du gardon rouge en dehors de son aire d’origine1. Il en reste néanmoins que sa capacité à modifier les herbiers aquatiques, en se nourrissant préférentiellement des plantes indigènes, pourrait faciliter l’établissement de plantes exotiques dans les milieux envahis3. Aussi, sa présence dans nos eaux représente un risque pour l’intégrité génétique de nos poissons en raison de sa capacité à s’hybrider avec d’autres espèces semblables1,6. Finalement, le gardon rouge doit être considéré comme un compétiteur des poissons indigènes, principalement pour les ressources alimentaires1.

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