Gobies à taches noires et à nez tubulaire

(Neogobius melanostomus)
(Proteorhinus semilunaris)

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Origine et distribution

Gobies à taches noires

Neogobius melanostomus © Peter van der Sluijs

Les gobies à taches noires (Neogobius melanostomus) et à nez tubulaire (Proteorhinus semilunaris) sont deux espèces de poissons benthiques natifs des mers Noire (les deux), Caspienne et d’Azov (N. melanostomus), ainsi que de leurs tributaires1,2. Ces poissons ont été acheminés au nouveau monde par leur présence inopportune dans les eaux de ballast de navires transocéaniques. Maintenant très connu des pêcheurs, le gobie à taches noires fut capturé pour la première fois au Québec en 1997 près de la Ville de Québec2. Le gobie à nez tubulaire reste quant à lui absent de nos eaux, mais devrait être observé sous peu étant donné sa présence en Ontario1.

 

Gobies à taches noires

Neogobius melanostomus © 2013 Joseph R. Tomelleri – Cimarron Trading Company | joe@americanfishes.com

Description

Tous les deux de la famille des Gobiidés, ils se distinguent de nos chabots indigènes (Cottidés) par leurs deux nageoires pelviennes qui sont soudées, formant l’équivalent d’une ventouse3. Ils sont munis de deux nageoires dorsales complètement séparées4. Une tache noire chez le gobie à taches noires près de la marge postérieure de la première nageoire dorsale permet de le distinguer du gobie à nez tubulaire, qui en est dépourvu3. Comme son nom l’indique, ce dernier arbore des narines en forme de tube3. Le gobie à taches noires est généralement plus gros que le gobie à taches noires, mesurant jusqu’à 17,8 cm en Amérique (30,5 cm observé ailleurs), comparativement à environ 13 cm pour ce dernier1,2. Pour le gobie à taches noires, c’est en eaux salées que les spécimens les plus gros sont pêchés4. Côté coloration, ce dernier est généralement parsemé de taches noires et brunes, et les mâles sont plus sombres que les femelles2,4.

 

Habitat et biologie

Gobie à nez tubulaire

Proteorhinus semilunaris © Piet Spaans, U.S. Geological Survey, U.S. Fish & Wildlife Service.

Ces deux espèces de gobies peuvent être retrouvées dans les habitats d’eau douce ou saumâtre, dans les portions calmes et peu profondes1,4. Le gobie taches noires préfère les habitats rocailleux4, alors que le gobie à nez tubulaire opterait davantage pour les milieux avec une abondance de macrophytes1. Le gobie à taches noires est très tolérant, se retrouvant dans les températures allant de -1 à 30 °C, mais préfère tout de même les eaux à ~26 °C4. Le gobie taches noires peut se reproduire plusieurs fois par année, et c’est le mâle qui prendra soin des œufs jusqu’à leur éclosion4. Ces deux gobies ont des diètes similaires (principalement composées d’invertébrés benthiques), mais le gobie taches noires ajoute à son menu des petits poissons à divers stades de développement ainsi que les moules dreissenidés (moules zébrées et quaggas, deux espèces envahissantes)1,4.

 

Gobie à nez tubulaire

Proteorhinus semilunaris © 2013 Joseph R. Tomelleri – Cimarron Trading Company | joe@americanfishes.com

Pourquoi s’en soucier

Bien que leur introduction initiale se soit faite fort probablement par eaux de ballast, le relâchement d’appâts-vivants pourrait être un vecteur secondaire de dispersion qui favorise leur expansion dans les milieux où des barrières physiques la freineraient normalement (ex : barrages hydroélectriques, terre ferme). Le gobie à taches noires est connu pour compétionner avec plusieurs espèces de poissons pour la nourriture et les refuges4. Le déclin de certaines espèces de poissons indigènes est observé dans les régions où le gobie à taches noires est très abondant, et sa présence menace aussi certaines espèces de moules2,4. L’impact du gobie à nez tubulaire serait quant à lui moins compris, et potentiellement moindre5. Ce dernier pourrait cependant entrer en compétition avec certains poissons pour la nourriture1.

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