Crabe chinois à mitaine

(Eriocheir sinensis)

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Origine et distribution

Le crabe chinois à mitaine est originaire des côtes chinoises et coréennes de la mer Jaune1. Il a été observé en 1965 pour la première fois en Amérique du Nord dans la rivière Détroit2, et depuis, dans de nombreux états américains. La seule population établie se trouverait cependant dans la baie de San Francisco, en Californie3. Les vecteurs d’introduction les plus probables sont le transport par eaux de ballast ou l’importation en vue de la vente dans les marchés de fruits de mer vivants3. Ce dernier vecteur s’explique par le fait que ce crabe soit un aliment très prisé en Asie1. Les douaniers américains ont d’ailleurs trouvé à quelques reprises des spécimens vivants dans les bagages de voyageurs de retour au pays1! Le crabe chinois à mitaine a été signalé dans le fleuve Saint-Laurent depuis 20044.

 

Description

Crabe chinois à mitaine

Eriocheir sinensis © SERC G. Ruiz

Plusieurs caractéristiques différencient le crabe chinois à mitaine des crabes nord-américains, dont les pinces velues à pointes blanches de l’adulte (d’où leur nom vernaculaire). Soulignons que ce caractère est absent chez les juvéniles ayant une carapace < 25 mm1,5. Aussi, la carapace comporte quatre épines de chaque côté et mesure 80 mm au maximum6. La présence d’une encoche située entre les deux yeux et une longueur de patte égale à deux fois la largeur de la carapace sont également distinctifs6. Lorsque les individus atteignent une largeur de carapace > 10 mm, le sexe est identifiable par la structure de l’abdomen. La femelle est dotée de plaques abdominales plutôt larges qui s’étendent jusqu’au bord de la carapace, alors qu’elles sont beaucoup plus étroites et se présentent sous forme d’entonnoir inversé chez le mâle6. Le crabe chinois à mitaine est généralement de couleur brun pâle5.

 

Habitat et biologie

Le crabe chinois à mitaine est une espèce catadrome : les adultes migrent vers les eaux plus salées pour se reproduire tandis que les juvéniles font la migration inverse avant de compléter eux aussi leur cycle de vie1. Ce cycle est composé de quatre grands stades : l’œuf, la larve, le juvénile et l’adulte1. Les œufs sont transportés sous la femelle jusqu’à l’éclosion; elle peut en produire entre 250 000 et 1 million1. S’ensuit alors un voyage au gré des courants marins pour la larve planctonique, période où plusieurs stades de développement se succèderont avant la métamorphose menant à la forme typique du crabe1. Les juvéniles remonteront alors les rivières vers les eaux douces, et, une fois sexuellement matures, redescendront se reproduire pour ensuite mourir des suites d’une histoire d’amour épuisante1! Le crabe chinois à mitaine est omnivore, s’alimentant d’algues, de plantes aquatiques et d’invertébrés, entre autres, et tend à devenir carnivore à mesure qu’il grandit1.

 

Crabe chinois à mitaine

Eriocheir sinensis © California Department of Fish and Wildlife
Femelle (haut) et mâle (bas)

Pourquoi s’en soucier

Bien que le crabe chinois à mitaine ne soit pas encore établi dans nos eaux, il est impératif d’éviter le relâchement de spécimens supplémentaires : cela pourrait créer une pression de propagules suffisante pour s’établir et causer les dommages qu’on lui connait! En effet, cette espèce creuse des tunnels, ce qui favorise l’affaissement et l’érosion de berges1. Le crabe chinois à mitaine bloque également les prises d’eau des centrales électriques servant à refroidir les installations, perturbe la pratique de la pêche récréative en dévorant les appâts, endommage certaines cultures, et pourrait enfin changer la structure de la chaîne alimentaire en altérant l’abondance et la croissance de plusieurs espèces par le biais de la compétition et la prédation1.

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