Écrevisse à taches rouges

(Orconectes rusticus)

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Origine et distribution

L’écrevisse à taches rouges est originaire du bassin hydrographique de la rivière Ohio, dans le nord-est des États-Unis1. Trouvée en Ontario depuis 1963, elle est aussi présente au Manitoba et au Québec (depuis 2001 en Outaouais et dans la portion montérégienne de la rivière aux Brochets)1-3.

 

Description

Écrevisse à taches rouges

Orconectes rusticus © Jeff Gunderson, Minnesota Sea Grant.

Les écrevisses sont des invertébrés de la classe des crustacés et de l’ordre des décapodes (i.e. présentant 10 pattes)3. Bien que seulement 8 espèces d’écrevisses soient répertoriées au Québec3, leur identification est ardue. De façon très résumée, O. rusticus se distingue des autres écrevisses de la belle province par la présence de deux taches rouges de style « rouille » (d’où son nom anglais, rusty crayfish) de part et d’autre du céphalothorax (section antérieure de l’animal)2. Toutefois, ces taches ne sont parfois pas présentes2 et l’observation d’autres critères anatomiques plus avancés est requis (voir la clé dichotomique des écrevisses du Québec pour les plus intéressés, à la référence #3 de cette présente fiche). La présence de bandes noires aux extrémités des pinces de ce crustacé est aussi caractéristique4. Les adultes atteignent environ 11 cm de longueur.

 

Habitat et biologie

O. rusticus est retrouvé dans tous les plans d’eau dont le fond n’est pas boueux et relativement complexe (ex : grosse roches et troncs d’arbres submergés) où il peut se cacher4. C’est une espèce qui tolère très bien les écarts de température extrêmes (0-39°C)2. Ce crustacé a un taux métabolique plus élevé que les autres écrevisses indigènes et donc une alimentation plus vorace2. Toutefois, l’écrevisse à taches rouges ingère rarement des macrophytes (plantes aquatiques), qui représentent des denrées alimentaires de piètre qualité pour elle2, et ce, même si elle est considérée omnivore2. C’est surtout à travers sa quête pour des proies associées aux herbiers aquatiques que l’écrevisse à taches rouges endommage ces milieux.

La reproduction est sexuée et les œufs sont gardés sous l’abdomen de la femelle (jusqu’à 200)3. Ces écrevisses peuvent accomplir des déplacements en dehors de l’eau par temps humide pour passer d’un plan d’eau à l’autre3. Sous l’eau, elles sont capables de parcourir 221 m en 48h2.

 

Écrevisse à taches rouges

© Jeff Gunderson, Minnesota Sea Grant.

Pourquoi s’en soucier

Même si elles ont la capacité de se mouvoir considérablement, leur déplacement entre différents bassins hydrographiques par l’homme (ex : comme appât pour la pêche sportive1 ou libérées à cause de l’aquariophilie ou du commerce scientifique4) est problématique. Lorsqu’O. rusticus est introduit, le déclin des écrevisses indigènes est rapide1. En effet, il supplante facilement ses semblables par son habileté à compétitionner pour la nourriture et d’autres ressources (ex : refuge). Il engendre éventuellement des pertes démographiques chez ces populations qui sont proportionnelles à son abondance dans une région considérée4,5. Son impact ne s’arrête toutefois pas là : réduction des sites propices au frai des poissons par l’élimination de végétaux, prédation des œufs de poissons et diminution de l’abondance de certaines espèces, entre autres. Sur ce dernier point, les recherches sont convaincantes : déclin des différentes espèces de poissons partageant des proies avec O. rusticus, de même que chez plusieurs espèces faisant office de proies pour l’envahisseur (escargots aquatiques, larves de libellules et de trichoptères, amphipodes, etc.)6. Pour toutes ces raisons, la possession et la vente de spécimens vivants de cette espèce est interdite au Québec7.

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